Vers l'an 600 avant JC, des Grecs venus de Phocée, une ville d'Asie Mineure (aujourd'hui, la Turquie), fondent, sur la côte ligure, une ville qu'ils nomment Massalia. La ville se développe rapidement et doit lutter contre l'hostilité des peuples celto-ligures qui vivent à sa périphérie. Rivale directe de Carthage, elle doit se défendre également des attaques de la flotte carthaginoise alliée à celle des Etrusques.
Pour se protéger de ses ennemis, Marseille s'assure très tôt la protection de Rome dont elle paie la rançon exigée par les Gaulois lorsque ceux-ci s'emparent de la ville en 390 avant JC.
Au fil des années, Marseille étend son empire maritime des Alpes Maritimes jusqu'à l'embouchure de l'Ebre en Espagne : les Massaliotes créent le long des côtes méditerranéennes des comptoirs commerciaux qui deviendront, plus tard, des villes : Nice (Nikaia), Antibes (Antipolis), Hyères (Olbia), Agde (Agathé), Ampurias (Emporion), etc.
Deux marins marseillais contribuent à une meilleure connaissance de terres jusque là inconnues du monde occidental. Leurs expéditions les amènent au-delà des Colonnes d'Hercule (le détroit de Gibraltar) mais, tandis qu'Euthymène fait route vers le sud et longe les côtes africaines jusqu'au Golfe de Guinée, Pythéas remonte l'océan Atlantique et découvre les côtes de la Grande-Bretagne actuelle et celles de l'Europe du Nord jusqu'à la mer Baltique.
Marseille forme une république réputée dans tout le monde antique pour la sagesse de sa constitution qui restera inchangée pendant plusieurs siècles. Les Massaliotes restent en contact étroit avec les colonies grecques du sud de l'Italie (la Grande Grèce) et avec la Grèce elle-même où ils possèdent un ''trésor'' (un temple) à Delphes.
Marseille est aussi un foyer de culture grecque pour les populations celto-ligures vivant dans le sud de la Gaule. Les Massaliotes leur enseignent leur langue, leurs techniques et leur savoir. Selon l'historien Justin, ils leur apprennent aussi "à cultiver la terre, à fortifier les villes, à tailler la vigne et à cultiver l'olivier."
Haut de la pageFidèle alliée de Rome, Marseille participe auprès des Romains à la lutte contre les Carthaginois et c'est grâce à l'aide des Romains qu'elle réussit à délivrer ses colonies lorsque celles-ci sont menacées par les tribus celto-ligures. Pour venir en aide à leur alliée, les Romains font plusieurs expéditions militaires avant de s'installer définitivement dans le pays.
En 125 avant JC, les Romains font la conquête de la région et créent une province gauloise, la Provincia, qui deviendra, plus tard, la Provence. En 122 avant JC, ils fondent la première ville romaine en Gaule, Aquae Sextiae, l'actuelle Aix-en-Provence. La conquête romaine n'empêche pas Marseille de garder ses institutions et de rester une ville libre.
Durant la guerre civile qui oppose César et Pompée, Marseille tente de rester neutre mais finit par soutenir Pompée. La ville étant bien défendue, César ne peut la prendre d'assaut. Il décide alors d'en faire le siège. Après six mois de combats, de souffrance et de famine la ville est prise en 49 avant JC.
Vaincue, Marseille perd sa flotte, ses remparts et ses colonies, mis à part celle de Nice. Son activité commerciale se voit de plus en plus concurrencée par celle d'Arelate (Arles), la deuxième ville romaine fondée en Gaule, dont la position stratégique sur les rives du Rhône favorise le développement.
Malgré sa défaite, Marseille reste une ville libre. Elle devient de plus en plus un foyer de culture grecque en Occident : ses écoles de rhétorique, de grammaire et de philosophie sont réputées dans tout le monde méditerranéen.
Haut de la pageLe christianisme pénètre en Gaule probablement dès le premier siècle de notre ère. Plusieurs légendes émaillent l'arrivée de la nouvelle religion à Marseille (notamment le martyre de Saint-Victor) mais le premier fait historique connu est le nom de l'évêque de Marseille Orésius qui en 314 doit se rendre au concile d'Arles. En 415, venu d'Orient, Jean Cassien fonde l'abbaye de Saint-Victor.
Marseille n'est pas épargnée par les invasions barbares : elle est successivement dévastée par les Wisigoths, les Burgondes et les Ostrogoths avant de tomber sous la coupe des fils de Clovis (les Mérovingiens). A ces épreuves, s'ajoutent les épidémies de peste, le siège de la ville par les Lombards, les incursions sarrazines et la piraterie maritime qui vont réduire à néant son activité économique.
Haut de la pageAu cours du Moyen-Age, la ville se relève peu à peu. C'est l'époque de la féodalité : la ville est placée sous l'autorité de vicomtes, eux-mêmes vassaux des comtes de Provence. La ville est administrée par des consuls. Des assemblées de citoyens règlent les affaires importantes. Marseille, jalouse de ses prérogatives, doit constamment lutter pour son indépendance.
Les Croisades donnent un nouvel essor à la ville, point de départ des expéditions maritimes vers la Terre Sainte. Elle fournit des troupes, des navires et devient la rivale de Gênes. Ses navires mouillent régulièrement dans les ports de la Catalogne, ceux du Levant et d'Afrique du Nord.
En 1230, Marseille reconnaît la souveraineté du comte de Toulouse au détriment de celle du capétien Charles d'Anjou. Après un siège de huit mois, Charles d'Anjou s'empare de la ville. Marseille doit reconnaître sa suzeraineté mais se révolte à nouveau en s'alliant avec Alphonse d'Aragon. A nouveau vaincue, elle doit subir l'autorité d'un viguier représentant du comte de Provence.
Conséquence du long conflit qui oppose les Aragonais (Maison d'Aragon) et les Angevins (Maison d'Anjou), Marseille est mise à sac par les troupes d'Alphonse V d'Aragon en 1423. Mais, sous le règne du roi René, Marseille connaît une nouvelle ère de prospérité.
Haut de la pageEn 1481, Louis XI, roi de France, hérite de Marseille et de la Provence. Marseille n'a de cesse de lutter pour son indépendance et se révolte à plusieurs reprises. En 1524, dans la guerre qui oppose François 1er et Charles Quint, le connétable de Bourbon allié de ce dernier, fait le siège de Marseille, mais la ville résiste victorieusement. Un second siège, mené cette fois par les troupes de Charles Quint aura lieu douze ans plus tard, toujours sans succès.
Pendant la Ligue et, au siècle suivant, la Fronde, Marseille, toujours jalouse de son indépendance, met à profit les troubles de ces époques pour se révolter. Henri IV puis Louis XIV mettent tour à tour la ville au pas. Ce dernier supprime, en 1666, les privilèges de la ville au profit d'Aix-en-Provence.
En 1720, Marseille subit une terrible épidémie de peste qui lui fait perdre la moitié de sa population. Mais, grâce au commerce avec le Levant, elle connaît un nouvel essor.
Leur idéal d'indépendance continue d'opposer les Marseillais à l'absolutisme royal. Aussi, lorsque la Révolution éclate, en 1789, Marseille accueille celle-ci avec enthousiasme. En 1792, elle envoie à Paris un bataillon de volontaires qui participera à la prise des Tuileries. Ces volontaires marseillais resteront célèbres pour avoir apporté dans la capitale un chant qui deviendra notre hymne national : la Marseillaise écrite par Rouget de Lisle pour l'armée du Rhin.
Profondément fédéraliste, Marseille se révolte, en juin 1793, contre le pouvoir central incarné par la Convention. La ville est prise d'assaut par les troupes jacobines qui y font d'effroyables massacres. C'est le régime de la Terreur. En représailles, la ville perd son nom et devient La ville-sans-nom
Haut de la pageLes guerres de la Révolution et de l'Empire ont ruiné l'activité économique de Marseille. Dans le marasme politique de cette époque troublée, la ville devient royaliste. Sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, le commerce et la prospérité repartent grâce au développement du chemin de fer et à l'essor de la navigation à vapeur.
La conquête de l'Algérie en 1830 et le percement de l'isthme de Suez, inauguré en 1869, ouvrent pour Marseille une nouvelle période de prospérité. De nouveaux ports sont aménagés, de nombreuses usines s'installent sur son territoire. De ville commerçante, Marseille tend à devenir aussi une ville industrielle : production d'huile, de sucre, de pâtes alimentaires, de savon, de bougie, de produits chimiques.
Résolue à faire de Marseille une ville moderne, la municipalité entreprend de grands travaux d'assainissement. En 1839, elle fait construire le Canal de Marseille pour amener dans chaque quartier l'eau courante nécessaire aux besoins d'une population croîssante.
Sous le Second Empire, la ville se couvre de grands monuments : la Cathédrale de la Major, la basilique de Notre-Dame de la Garde, l'église des Réformés, le Palais de la Bourse, le Palais de Justice, le Palais du Pharo, le Palais Longchamp, la Préfecture.
De grandes compagnies maritimes voient le jour et multiplient les destinations vers les pays du Moyen-Orient, du Maghreb, de l'Amérique du Sud et de l'Extrême-Orient. La première grande compagnie de navigation est créée en 1852 : Les Messageries Maritimes.
En 1871, pendant la Commune, Marseille connaît de nouveaux jours sombres mais, avec l'avènement de la Troisième République, elle retrouve rapidement sa prospérité. Sous la municipalité de Flaissières puis celle de Chanot, la ville se dote d'un réseau de tramways électriques qui dessert de nombreux quartiers.
L'Empire colonial français assure à la ville une activité économique importante. L'ancienne cité phocéenne fait de plus en plus figure de capitale de cet empire, ce qui lui vaut le surnom de Porte de l'Orient. Le succés de la première Exposition Coloniale, en 1906, en est une démonstration.
La ville a beaucoup souffert au cours de la Seconde Guerre Mondiale. En 1943, les Allemands détruisent une partie de la ville historique située au nord du Vieux-Port. En 1944, ils détruisent le pont transbordeur qui était attaché à l'image de la ville ainsi que l'ensemble des installations portuaires. Les bombardements alliés causèrent eux aussi de nombreux dégâts. La ville est libérée le 28 août 1944 par les troupes du général de Monsabert.
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