Image et Histoire de Marseille

Le boulevard Baille et la place Castellane

Le boulevard Baille

Entre 1860 et 1870, Marseille connaît une expansion considérable : cent quarante-huit rues, places et boulevards sont créés dans ce qui n'est encore que les faubourgs et la banlieue de la ville. L'un de ces boulevards prend le nom de boulevard Baille du nom de l'ancien propriétaire des terrains. Le boulevard n'est d'abord qu'une artère fermée à chacune de ses extrémités. Il doit être prolongé à l'est, vers le Jarret, et à l'ouest, vers la place Castellane. Les travaux, fruits d'une spéculation immobilière, s'arrêtent au niveau de la rue Pierre Soliers, à deux cent-quinze mètres de la place Castellane. Les propriétaires des terrains refusent de laisser passer le boulevard qui restera sans issue pendant quinze ans.

En 1861, la ville rachète les terrains, les maisons et fabriques qui bloquaient le passage disparaissent. Le Jarret et la place Castellane se rejoignent enfin. Ce nouveau boulevard, nivelé et macadamisé, est long d' un kilomètres trois-cents. Il offre d'un côté une vue sur la colline de Notre-Dame de La Garde et de l'autre le spectacle de la campagne sur les bords du Jarret. Le Jarret est une rivière qui prend sa source dans le massif de l'Etoile et se jette dans l'Huveaune au niveau du quartier de Sainte-Marguerite. En traversant le terroir marseillais du nord au sud, le Jarret a longtemps constitué un obstacle à l'expansion de la ville vers l'est.

En 1954, sous la municipalité de Gaston Defferre, le Jarret est  recouvert et transformé en une rocade de deux fois trois voies que les Marseillais appellent encore du nom de la rivière qui coule toujours sous le bitume.

Le boulevard Baille et la place Castellane, autour de 1865

La place Castellane

Cette place doit son nom au marquis de Castellane-Majastre qui offrit le terrain et le financement des travaux. A l'occasion de la naissance du fils de l'empereur Napoléon 1er, en 1811, on érige, en son centre, un obélisque entouré d'un bassin circulaire. En 1911, cet obélisque est transféré à Mazargues où il se dresse encore aujourd'hui au centre d'un rond-point.

A la place de l'obélisque, se dresse maintenant une fontaine monumentale en marbre de Carrare. Offerte par Jules Cantini, un sculpteur marseillais devenu mécène, elle porte son nom. Elle a été sculptée par André-Joseph Allar entre 1911 et 1913. Des statues allégoriques y évoquent la Méditerranée et le Rhône. Celui-ci est représenté dans les étapes de son parcours depuis sa source jusqu'à la mer. La fontaine est surmontée d'une colonne au sommet de laquelle se trouve une allégorie de Marseille.

De nombreux bars et restaurants, ainsi qu'un cinéma, se sont installés autour de la place faisant de ce lieu un centre animé, apprécié des Marseillais. Elle est la rencontre de trois voies importantes : l'avenue du Prado vers le sud, le boulevard Baille vers l'est et la rue de Rome vers le nord et le centre-ville. Lieu de trafic important, la circulation y est, de fait, difficile aux heures de pointe. La place Castellane est aussi une station de croisement des deux lignes du métro Marseillais.

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