La cathédrale de la Major se situe au nord du Vieux-Port dans un espace qui fait partie de la ville depuis ses origines. On suppose qu'à l'époque grecque s'élevait, à cet emplacement, un temple dédié à Diane d'Ephèse. C'est la divinité que les Phocéens avait choisie pour protéger leur expédition vers l'ouest. Elle deviendra plus tard, avec la fondation de Marseille, la divinité protectrice de la ville.
Au Ve siècle, s'élève une église dotée d'un important baptistère carré de vingt-deux mètres de côté (ce qui en fait le plus grand édifice de ce type connu en Gaule) et décoré de pavements en mosaïque. Ce baptistère, découvert lors de la construction de l'actuelle cathédrale, n'est plus visible aujourd'hui. Il n'en reste que les descriptions de l'époque. Cette cathédrale primitive avait une longueur de soixante mètres. Dans des chartes du VIIIe siècle, elle est nommée Eclesia Sanctae Mariae. Au milieu du XIe siècle, l'évêque Pons Ier en fait reconstruire l'abside.
Au XIIe siècle, sous l'égide de l'évêque Pons II, une nouvelle cathédrale est entièrement reconstruite dans le style roman de l'époque. Elle prend le nom de cathédrale de Sainte-Marie-Majeure et repose à flanc de mer par 9 mètres de hauteur.
La partie de la ville où est située la cathédrale est dite ville haute ou ville épiscopale parce qu'elle est dirigée par l'évêque de Marseille. L'autre partie, celle qui est située près du port est dite ville basse ou ville vicomtale car elle est administrée par des vicomtes, représentants les comtes de Provence, seigneurs de Marseille. Cette division de la ville en deux parties sera supprimée par la reine Jeanne, comtesse de Provence, le 3 janvier 1348.
Au XIVe siècle, la cathédrale reçoit un clocher sur lequel est installé en 1524, lors du siège de Marseille par le connétable de Bourbon, des pièces d'artillerie qui contribuent à la défense de la ville. A la Révolution, comme tous les édifices religieux, elle est vendue comme Bien national.
Sous le Second Empire, la Vieille Major faillit bien disparaître. En raison de la construction de la nouvelle cathédrale, on décida de détruire l'ancienne. Les protestations de l'opinion publique permettront de conserver ce bel exemple d'architecture romane provençale. Elle a cependant été amputée de deux travées. Il n'en reste que le choeur et la première travée.
La Vieille Major est classée Monument historique en 1840.
Le 26 septembre 1852, Napoléon III pose la première pierre de la nouvelle cathédrale. Elle est la seule cathédrale construite en France au XIXe siècle. De taille comparable à la basilique Saint-Pierre de Rome, elle devait figurer par son ampleur, l'importance prise par Marseille devenue grâce à l'expansion de son commerce, et l'ouverture du canal de Suez, la Porte de l'Orient. L'édifice, d’inspiration néo-byzantine, juxtapose également des éléments romans et gothiques dans un style pastiche très apprécié de l'époque. Il est l'oeuvre des architectes Léon Vaudoyer et Esperandieu qui décèderont tour à tour avant qu'elle ne soit achevée par Henri Antoine Revoil. La nouvelle cathédrale est enfin livrée le 30 novembre 1893 après quarante ans de travaux. Une partie de son esplanade, ainsi que les quais adjacents, ont été gagnés sur la mer grâce à d'importants travaux de remblaiement et de terrassement.
L'édifice a une longueur de 142 mètres, les tours du portique ont 60 mètres de haut, la nef s’élève à 20 mètres et la coupole centrale culmine à 70 mètres pour un diamètre de 17,70 mètres, ce qui en fait la sixième coupole la plus grande du monde. La cathédrale de la Major est classée monument historique en 1906. Une procession a lieu chaque année, le 15 août, pour la fête de l'Assomption.
Dans le cadre du projet Euroméditerranée, la passerelle d'autoroute allant du bâtiment des Docks à l'esplanade de la Major, construite dans les années 1970, est détruite en octobre 2008. Aujourd'hui, un tunnel remplace cette passerelle et prolonge celui du Vieux-Port.. L'espace ainsi dégagé sera prochainement rendu aux piétons. La valse attendue des bateaux de croisières devrait, sur le même lieu, plus d'un siècle après, faire écho aux va-et-vient des navires de commerce d'antan.
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