La Plaine est, à l'origine, un large plateau rocheux, de cinquante mètres d'altitude, situé extra-muros à l'est de la ville. Les Romains le nomment Campus Martius, Champ de Mars, le dieu de la guerre. C'est le nom des lieux d'exercices militaires pour les légions.
Le nom de Saint-Michel apparaît pour la première fois en 1079 dans une bulle de l'abbaye de Saint-Victor mais le quartier ne prend ce nom qu'au XIIIe siècle. L'église placée sous ce vocable est offerte, en 1575, aux Minimes qui y construisent un couvent.
Au XIIIe siècle, Marseille est un port d'embarquement pour la Croisade. Le plan Saint-Michel sert de lieu de campement pour les Croisés qui attendent là que les vents soit favorables au départ. Le plateau a été utilisé plusieurs fois par les marseillais pour recevoir avec faste d'illustres visiteurs : Robert d"Anjou, comte de Provence en 1319, François Ier, roi de France, en 1516, mais aussi Charles IX en 1550 ou encore Louis XIII en 1622.
En 1712, la dénommination plan existe encore. La première corrida à Marseille est donnée, le 24 juin 1770, sur la Plaine Saint-Michel. L'organisateur, peu scrupuleux, part avec la caisse. A la Révolution, les noms religieux étant abolis, la Plaine Saint-Michel est renommée Place de la Constitution (celle de 1789).
Au milieu du XIXe siècle, avec l'expansion de la ville, un quartier d'environ 3000 habitants se développe autour de la place. Aménagée en lieu de promenade, elle vite très apprécié des marseillais. Le 15 août 1852, on y aménage une fontaine qui sera remplacée, vingt-cinq ans plus tard, par un grand bassin circulaire de quarante mètres de diamètre où les enfants peuvent faire un tour dans de petites barques.
L'évêque de Marseille, Monseigneur Mazenod, après avoir fait construire une chapelle provisoire, offre à la municipalité un terrain sur une place au bas de la rue Terusse (actuelle place de l'Archange) pour la construction d'une église. Cette église verra le jour en 1870 après de nombreuses difficultés financières. Elle est construite dans un style néo-gothique, très prisé à l'époque, avec une décoration simple par souci d'économie.
Le 14 novembre 1886, c'est au départ de cette place que Louis Capazza et Alphonse Fondère réalisent la première traversée de la Méditerranée en ballon. Ils atterrissent en Corse, à Appietto, près d'Ajaccio. Depuis 1930, une plaque, apposée contre le mur de l'église, ornée d'un bas-relief, rappelle cet exploit.
La Compagnie des Tramways de l'Est-Marseille perce, à la fin du XIXe siècle, un tunnel sous la Plaine Saint-Michel afin de relier la gare de Noailles à la gare Saint-Pierre. La ligne se prolonge jusqu'au Camoins et Aubagne. Le premier voyage s'effectue le 23 décembre 1893 avec une motrice à vapeur. L'électricité remplacera la vapeur en 1904 et la numérotation des lignes commencera en 1908.
En 1892, les maraîchers-agriculteurs de la région établissent sur la place un marché hebdomadaire qui existe encore aujourd'hui.
En 1919, la municipalité transforme le nom Plaine Saint-Michel en Place Jean-Jaurès en hommage à cet homme politique assassiné le 31 juillet 1914 trois jours avant le déclenchement de la Première Guerre Mondiale. Mais, pour tous les Marseillais, elle reste la Plaine.
Au milieu du XXe siècle, le bassin qui occupait la place est détruit et remplacé par un parking. En 1953, Gaston Defferre inaugure sur cette place le premier feu tricolore.
En 2004, le tramway de la ligne 68, limitée depuis plus de quarante ans à sa portion Noailles-St Pierre, effectue son dernier voyage. Le tunnel sous la place est fermé. Il est réouvert en septembre 2008, après de long travaux, pour le passage de la ligne T1 du nouveau tramway.
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